Grottes de Bétharram, France

D’Ouest en Est ?

Cet article est la troisième édition de notre Journal de Bord ! Nous sommes partis mi-juillet jusque fin août sur les routes de France, pour découvrir notre pays plus en profondeur ! Retrouvez le début de notre périple ici : De Bordeaux à Bayonne ! et Expédition dans les Hautes-Pyrénées

Jour 6

Cauterets était la dernière étape prévue de notre voyage : maintenant, on improvise ! On a repéré quelques endroits à visiter sur le chemin mais il va falloir accélérer un peu le rythme pour arriver dans le Vaucluse à temps. Avant de partir de Lourdes, on s’autorise une petite escale aux grottes de Betharram : du frais, et le charme des entrailles de la Terre, comment résister ?


On reprend le bus jusque Lourdes (hors de question de faire du stop sur les routes en épingles à cheveux !) puis on lève le pouce pour la suite. Quelques personnes ralentissent pour discuter, mais ne vont pas de notre côté. Puis… dans la voiture qui s’arrête : un guide des grottes ! Alors on embarque pour se faire déposer diiiirectement au bon endroit ! On adore.

Alors que la canicule commence à sévir, on est ravis d’avoir l’opportunité de se prélasser sous terre où il fait une quinzaine de degrés !

Thibaut comme moi adorons l’ambiance souterraine… La qualité particulière du bruit, la réverbération des sons, l’obscurité et les jeux de lumière, la fraicheur de l’air et l’odeur si spéciale qui s’échappe des points d’eau souterrains. Je filme nos explorations, sans même regarder l’écran, émerveillée par ce que je vois. Thibaut reste en arrière pour prendre en photo les formations calcaires les plus frappantes, les détails des grottes qui lui parlent… Malheureusement, avec l’obscurité et sans matériel spécifique, c’est assez compliqué d’obtenir des résultats probants… On s’en sort tout de même !

Ces grottes ont la particularité de faire partie des premières grottes de France à avoir été ouvertes au public ! Elles contiennent des formations vraiment magnifiques et uniques, notamment des draperies de pierre si fines que la lumière peut les traverser… La délicatesse de leur apparence est saisissante !

Après une marche fantasmagorique à travers les différents étages de la grotte, où la lumière révèle des personnages fascinants et des scènes intrigantes, nous arrivons au bord du plus gros lac souterrain de la grotte. Une embarcation à tête de dragon nous attend pour nous emmener sur l’autre rive. Certes, ce dragon n’a en lui-même aucun sens historique, mais j’avoue que l’ambiance qu’il crée marche à la perfection sur moi !
Une fois tous les visiteurs à bord, la barque est tractée d’une rive à l’autre. Au fil de sa progression, les lumières s’allument et s’éteignent, dévoilent la beauté des formations calcaire au-dessus de nos têtes puis nous replongent dans le noir, les yeux tendus dans l’obscurité, à l’affut de nos prochaines découvertes !

La traversée aurait pu durer une heure, j’aurais tout de même été déçue de devoir accoster…

Et si l’allée demandait de descendre de nombreuses volées de marche, la remontée se fait bien plus tranquillement, à bord d’un train qui nous ramène à la surface !

Lorsqu’on arrive au-dehors, la lumière et la chaleur étouffante nous submerge : on s’était bien habitué au froid et à la pénombre… Nous avons à peine le temps de récupérer qu’on nous interpelle : c’est notre chauffeur-guide qui nous a vu sortir et nous demande ce qu’on en a pensé ! On discute avec lui un moment avant de repartir en souriant chercher nos sacs pour le retour vers Lourdes… toujours en stop !

SAUF QUE ! Sauf que partir de Lourdes, c’est une chose, mais partir d’une petite route minuscule perdue au milieu de nulle part s’en est une autre. Au début, confiants (naïfs), on se dit que les gens au départ des grottes nous prendront facilement. Mais QUE NENNI ! Et au vu du peu de monde à passer sur ce tout petit axe, aucun intérêt d’attendre en plein soleil. Alors on part, à pied, avec nos gros sacs sur le dos, et les rayons chauds de l’après-midi qui nous crament la nuque. On galère, ça monte, on ne voit pas d’ombre et on n’a pas envie de se taper les deux heures de marches vers Lourdes comme ça… On marche depuis une bonne demi-heure (bon, ok, c’est pas long, mais psychologiquement, on était pas prêts) quand une voiture s’arrête (ça doit être la troisième à passer, c’est vous dire si on a du bol) ! Bon, elle est pleine… Montagnes russes émotionnelles. Une femme et ses trois enfants : “Vous allez où ? Lourdes ! Aaaah. Attendez !”
Et la voilà arrêtée au milieu de la route, qui descend de voiture, déblaie son coffre et demande à sa petite fille de s’installer dans le siège qu’elle déploie à l’arrière. Hop, on a de la place ! Et en plus, les enfants trop gentils discutent et nous posent des questions. Ils ont vécu en Nouvelle-Calédonie et la vie en métropole est bien moins aventureuse, alors ils se font un plaisir de prendre les voyageurs pour entendre leurs histoires.

Franchement : On a de la chance ou pas ? Oui oui OUI !

On se fait déposer près d’un supermarché où on fait rapidement nos courses avant de poursuivre en stop. Vraiment pas de spot sympa, l’orage arrive rapidement sur nous, et on se pose à un feu rouge. Vraiment un mauvais plan. On rit déjà de la galère dans laquelle on s’est mis quand soudain… Au premier feu rouge, une voiture se déporte pour nous prendre, et nous amène jusqu’à la gare de péage !! Bien meilleur endroit : la chance nous sourit 😀

On affronte quelques gouttes, quelques imbéciles qui s’arrêtent juste pour nous faire courir vers eux avant de repartir, un gars qui nous fonce dessus “pour rire”, puis… la perle rare ! Un gars s’arrête, belle voiture confortable, grand sourire !

– Vous allez vers où ?
– Vers l’Est, et vous ?
– Toulouse ça vous va ?

On ne croit pas en notre bonne étoile ! Nous voilà au chaud et au sec jusque Toulouse avec un homme qui s’ennuie seul dans sa voiture et a envie de discuter. Tout ce qu’il nous fallait !
Branle-bas de combat : il faut trouver un endroit où dormir ce soir ! On lance notre demande sur les réseaux et en moins d’une demi-heure, quelqu’un répond positivement. C’est notre journée !

On se fait déposer au pied de l’immeuble où on passera la nuit : la chance a été jusqu’à faire en sorte que notre chauffeur vive juste à côté de notre hôte. Elle est pas belle la vie?
On se retrouve donc à passer la soirée dans un superbe appart avec une vue panoramique sur Toulouse et un chat adorable qui s’approprie nos duvets. Pas mal, comme journée !

 

Jour 7

Au matin, on rencontre le coloc de notre hôte. La matinée entière passe en discussion sur le nomadisme, le voyage, des astuces d’autostoppeur etc… On déclare une bonne dizaine de fois qu’on devrait y aller, mais chaque fois on se rassoit pour poursuivre la discussion. On passe un super moment…
Alors on ne regrette qu’à moitié la “panade” dans laquelle ça nous a mis !
On préfère ne pas trop trainer dans le coin entre Toulouse et Carcassonne et foncer directement vers Perpignan. Enfin, un peu plus loin : on se dirige vers Arles-sur-Tech !
Mais il est plus de 11h lorsqu’on se décide enfin à se mettre en mouvement, et on n’a vraiment pas de motivation pour faire du stop.
On réfléchit, on tente de se forcer un peu… Mais à quoi bon ? On préfère s’écouter et prendre soin de nous. Alors on décide de réserver un Flixbus jusqu’à Perpignan. Direction la gare en bus, pas le temps de marcher. Sauf que le retard s’accumule et qu’on est juste niveau timing… On se résout à l’improbable et… on commande un Uber ! C’est bien la première fois de ma vie que j’en prends. Pas de doute, je préfère le stop, mais au moins on a eu notre bus !

On en profite pour travailler un peu, dormir… Profiter de la fraicheur aussi ! Et heureusement parce que lorsqu’on sort… La chaleur nous accable ! Là, rien à dire, on est vraiment dans le Sud, le vrai, celui où on cuit sur place !

De Perpignan, on ne verra que la gare routière : on profite des bus à 1 euro qui en partent et sillonnent la région, pour partir vers Arles à peu de frais !
Le trajet est inoubliable ! Une heure sur des sièges tape-cul, à travers des paysages superbes, à écouter (espionner) un récit de “première main” sur les évènements incroyables de la veille… Figurez-vous qu’Arles aurait été le théâtre d’une course-poursuite digne des meilleurs films de bagnole, entre un passeur de drogues et la police… Le sujet fait gorges chaudes et on a le droit à une revue du moindre détail pendant tout le trajet. De quoi nous mettre en confiance sur l’endroit où on va passer la nuit ^_^

Le bus nous dépose au milieu d’un tout petit village. On cherche un endroit où trouver de la nourriture : il n’y a qu’un Spar, très cher et peu fourni. Le village est posé sur une colline, et pour rejoindre le camping où nous avons prévu de dormir (trouvé dans le bus, on rentabilise nos temps de trajets), il faut grimper. La chaleur est difficilement supportable, on est crevés, on se râle même dessus, c’est vous dire si on a besoin de se poser !

Lorsqu’on arrive à l’accueil du camping, on est accueillis par un gros doggo qui vient paresseusement nous lécher le bout des doigts avant de nous guider jusqu’à son maître. Quelques traits d’humour et un trajet en golfette plus tard, nous voilà sur notre emplacement ! Il fait meilleur et l’endroit est calme. On installe la tente, se prépare un petit plat rapide, puis on profite du calme pour faire un tour sur les réseaux sociaux.

– Eh, Thibaut, on a un commentaire bizarre sur notre page Facebook… Tu connais *telle personne* ? Elle dit que ça serait chouette qu’on passe la voir !

La journée se termine sur cette belle opportunité, et demain, on va visiter les Gorges de la Fou.

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.